Au bord de la Mortagne N°50


L’église a déjà cinq siècles !

passant est habitué à sa présence sereine, monumentale et à ses cloches qui égrènent le temps qui passe en marquant les évènements forts, heureux, ordinaires ou d’exception, tristes ou tragiques (la sonnerie en mort, le glas). Cette majestueuse nef érigée dans une belle harmonie de style gothique flamboyant fut rapidement bâtie, pour l’essentiel réalisée entre 1463 et 1511, dans une période assez extraordinaire puisque placée à la jointure du Moyen-âge et de la Renaissance. C’était l’époque des grandes découvertes vite traduites en cartes par l’atelier de Saint-Dié, les duchés étant alors dirigés par deux grands princes éclairés de la famille de Lorraine-Vaudémont, les ducs René II (1463-1508) puis Antoine (1508-1544). L’église est enserrée dans un dense tissu de rues et ruelles souvent étroites, courtes, torses. Elle est située en position légèrement décentrée par rapport au cœur de la vieille ville et s’inscrit, preuve de modernité si l’on se réfère à ce qui se faisait précédemment, dans le partage avec deux autres fonctions essentielles : le pouvoir édilitaire et le commerce. L’église est en effet toute proche de l’hôtel de ville Renaissance, puissant édifice carré érigé en grès rose (1581), formé de deux étages, surmonté d’un toit à quatre pans, et de la place du marché animée par les échanges que toute ville de contact réalisait en exerçant le rôle de trait d’union entre plaine et montagne. Cette trilogie était faite pour durer.

Le bâtiment dont le chœur est orienté à l’est a été agrandi d’est en ouest, en trois étapes, sur un terrain en déclivité ; ce qui explique la présence des degrés utilisés pour accéder au porche. Nous sommes sur une terrasse non inondable qui domine la confluence du Broué qui eut à porter des bois flottés pour Monseigneur et de la Mortagne, à deux pas du tracé des anciennes fortifications démembrées après le retour de la châtellenie aux Duchés (1718). L’église était encore proche de l’ancienne chapelle des Hommes détruite en 1974, localisée à la droite du presbytère (il en reste une arcature gothique). Les grès parfois veinés de blanc forment un matériau assez fragile. Les outrages du temps et les destructions ont imposé de nombreuses réparations, en particulier la réfection totale du toit et des clochers suite aux pillages des reîtres de Polviller (1557) ou encore les réparations occasionnées par les successions d’accidents climatiques récurrents à la fin du 18e siècle. La décision de reconstruire les bancs toujours présents, étroits, durs, grattés de nombreuses incisions date de 1759. Ces mobiliers sont riches d’une très longue histoire et marqués par la patine du temps, ce qui leur apporte une certaine élégance. Dès 1761, les places furent adjugées, avec des prix dégressifs, en partant du premier pour atteindre le trente troisième et dernier rang. L’inventaire conservé donne une émouvante photographie de la société du temps, avec en queue d’église des veuves pauvres et illettrées qui payaient trois livres et signaient par une croix ; les places du premier rang étant vendues 16 livres 10 sols. Le cinquième banc du côté de l’Épître était réservé aux sœurs de la Charité. L’église fut placée sous la protection de sainte Libaire, jeune chrétienne iconoclaste martyrisée par décollation à Grand. Ceci est rappelé dans un tableau restauré par Pierre-Dié Mallet, œuvre peu valorisée faute d’être placée au-dessus de la porte d’entrée. L’église est dotée de beaux confessionnaux dont, enfant, on retenait surtout l’inconfort, le manque de lumière. Dans cette nef plane la mémoire d’hommes qui y ont investi l’essentiel de leur vie : ce sont les longs ministères de l’abbé Mathieu et de monseigneur Lœuillet qui ont tenu la cure sur environ un siècle, de la fin de la Monarchie de Juillet à la fin de la Troisième République. Il m’a été rapporté que l’abbé Lœuillet n’hésitait pas à s’arrêter pendant l’Asperges pour interpeller un paroissien qui ne lui était pas connu par un curieux « Qui qu’ t’es ? ». C’est encore Paul André, mon grand-oncle, chantre et organiste pendant plus d’un demi-siècle, jusqu’à son décès en 1960, et qui aimait rappeler le jeu de mots des cinq clochers et quatre sans cloche (entendons 400 cloches).

Que le 500e anniversaire soit une façon de célébrer ce beau monument patrimonial ! 

Jean-Pierre Husson





  • L'ÉDIFICE

    • L'ÉGLISE SAINTE-LIBAIRE DE RAMBERVILLERS, un exceptionnel témoin de l'art flamboyant en Lorraine méridionale.

    Sylvain Bertoldi

    LE MOBILIER.

    • Statues, meubles, vitraux.
    Véronique Halbout

    LES CLOCHES

    • LES VOIX DE L'ÉGLISE SAINTE-LlBAlRE les cloches nos compagnes.
     Philippe Leroy

    • La cloche du temps.
    Fernand Grosjean

    LES ORGUES

    • Les orgues de l'église de Rambervillers.
    Serge Thiriet

    LA DÉDICACE À SAINTE LIBAIRE

    • Libaire, sainte patronne de Rambervillers et la tradition populaire.
    Marie-Hélène Saint-Dizier

    ANECDOTES

    • Le jour où saint Joseph a perdu la tête.
    Jacques Tantin

    • La lanterne des morts.
    Marie-Claude Ferry

    • Le clocher accueille son nouveau coq.
    Marie-Claude Ferry

Vous pouvez vous procurer les numéros des années passées en vous présentant au Musée les jours d’ouverture.

Sur demande : à Monsieur Bernard MOREL, 44/46, Faubourg de Charmes 88700 RAMBERVILLERS Tél. : 03.29.65.43.69 

TARIFS

Numéros anciens

n° 1 à 39.......................................................................... 3 €

n° 40 à 49........................................................................ 5 € 

Numéros récents

n° 50 (Spécial 500 ans église Ste Libaire).................... 10 €

n° 51 à 55.................................................................. 7 €

Frais de port en sus pour un exemplaire : ....................... 5€

Musée de la Terre 1, Rue de la Faïencerie 88700 Rambervillers +33 (0)3 29 65 05 03


Jours et horaires d'ouverture Le Musée est ouvert au public de 14h30 à 18h tous les jours (sauf le mardi) à partir de début juillet, lors de l’inauguration de l’exposition temporaire annuelle, jusqu’à la fin de la 2ème quinzaine de septembre.


Tarifs Entrée : 3€ Tarif réduit : 1€  de 11 ans à 18 ans Gratuit pour les enfants de moins de 11 ans Retrouvez-nous sur